Gestion durable et impact social en Inde

A en juger par le nombre de publications récentes parlant de l’Inde, il apparaît que ce pays émergent suscite de plus en plus d’intérêt. Parmi les facettes diverses présentées de ce pays fascinant, celle qui est d’une grande actualité concerne l’écologie, l’environnement, souci tout à fait justifié et pas uniquement pour l’Inde.
Déplorer les méfaits, dénoncer les déprédations et pillages commis dans le passé, cela non seulement se justifie. mais s’impose. Ceci dit, il se trouve bien peu d’articles qui montreraient des perspectives ouvertes sur l’avenir d’un pays.
Il nous parait d’autant plus intéressant de présenter une réalisation qui porte en elle-même « des germes concrets d’évolution » (selon les termes d’I. Abouleish. fondateur de Sekem).
Passons donc au Darjeeling, en Inde justement. Aux confins de l’Inde et du Népal, à 1800-1900 m d’altitude, sur des pentes de 45°, s’étendent les 750 hectares du « jardin » de Makaibari, producteur d’un thé d’excellente qualité. Par souci écologique, 400 ha sont maintenus en forêts. Car le rajah Kumar Banerjee, héritier du domaine familial, « cultive la passion du thé, pour lui un art de vivre et une quête spirituelle » En foi de quoi, il a choisi de travailler selon la méthode biodynamique avec ses sept cents employés (*) dont près de cinq cents femmes qui assurent quotidiennement la cueillette, tâche essentielle et délicate. Pour le rajah Banerjee, ce sont elles qui représentent l’avenir de Makaibari : elles y ont « démontré leur efficacité et leur capacité à gérer des projets économiques ». Aussi, c’est à elles qu’il compte céder les terres en propriété collective dans les dix ans à venir, et ceci dans « le souci d’un modèle de société équilibrée ». (Un corollaire des principes de la biodynamie : le foncier ne devrait pas appartenir à un particulier ; c’est un bien commun.) (**)
Dans le même esprit, Makaibari, qui produit 120 tonnes de thé par an, demeure l’une des très rares plantations n’appartenant pas à une multi-nationale, et fut la première entreprise de la région à rejoindre l’Organisation mondiale du commerce équitable…
Ayant lu avec intérêt l’article qui présente une belle initiative à Lomé (Assainissement par incinération des déchets) dans le Messager d’Octobre 2007, je m’enhardis à parler d’une initiative originale mise au point à  Makaibari pour produire de l’énergie à partir de la bouse de vache : cette substance, qui par ailleurs tient un rôle important en culture biodynamique, est récupérée et diluée dans l’eau d’une- ou-plusieurs cuves. En peu de temps, ce mélange dégage du méthane ; capté et dirigé vers la cuisine, il brûle sans problème comme tout gaz à usage domestique. (Le résidu est utilise comme fumure.; Ainsi, la bouse d’une seule vache suffit à cuire les trois repas journaliers d’une famille de six personnes.
Ce jardin, « grâce à son mode de culture unique et à la personnalité charismatique de son maître, invite à réflléchir à l’harmonie possible entre l’homme et la nature ».

*) Presque tous les employés du domaine ont déjà leur propre maison et les enfants leur école.
**) V. Association « Terre de Liens » ( lorane@terredeliens.org )

 

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