La Volonté de Dieu

A en juger par les vicissitudes que l’homme a fait subir à la notion de volonté de Dieu au cours des siècles, on peut en être scandalisé, voire révolté. Elle fut « mise en oeuvre » bien avant que le Christ n’en parle dans le contexte de l’Evangile. Commençons par les pratiques les plus anciennes connues, relatées par la Bible. Certes, l’ensemble de la théocratie judaïque était imprégnée par ce concept de volonté de Dieu. Des exemples concrets nous diront cependant plus clairement comment, dès une époque très reculée et à quel point cette idée prédominait sur tout autre impératif moral et en particulier sur toute initiative de la conscience individuelle, ce qui n’a pas manqué de générer des situations dramatiques.
Par exemple pour le Roi Saül : (vers 1030 avant J. Christ)
Au temps où l’anathème (au sens premier : extermination) était obligatoirement mise en oeuvre contre tout ennemi d’Israël, « les vainqueurs non seulement rasent les villes et détruisent les biens, mais exterminent les populations…le Roi Saül se voit reprocher par le prophète Samuel, comme un crime, d’avoir épargné Agag le Roi Amalécite (Nb 21.2 ss, Jos 6.17 et 21, 1 Sam-15-.3 ss) – (in Dictionnaire de la Bible, édîtion 1989 , p. 70). Ce n’est pas la
clémence de Saül qui est condamnée, mais sa désobéissance à un ordre considéré comme venant de Dieu. (Ibid)
Selon Dt 20.15-18, il fallait même agir à titre préventif, « l’anéantissement des païens paraît alors indispensable : tu les livreras à l’anathème.. afin qu’ils ne nous apprennent pas à imiter les abominations qu’ils commettent pour leurs dieux ». (Ibid P. 71)
Voilà un genre de raisonnement qui perdure : (exemple G. W. Bush et sa guerre préventive), et qui revient fréquemment dans l’enseignement religieux et les homélies.
Au catéchisme et à la maison, nos éducateurs répétaient : il faut toujours faire la volonté de Dieu ! Ils étaient évidemment censés la connaître en tous points, même concernant les questions les plus graves de la vie.
Un exemple vécu, parmi bien d’autres : aux étudiants catholiques et aux séminaristes appelés sous les drapeaux au moment de la guerre d’Algérie, les autorités diverses faisaient sans sourciller la ferme recommandation : Faites votre devoir ! C’est la volonté de Dieu ! La pression morale souvent moins explicite n’en était pas moins forte. Et après le service militaire, un C.V. avait grand intérêt à signaler : « Libéré des obligations militaires ». Tout un chacun est ainsi renvoyé à sa propre responsabilité, selon St. Paul et l’Evangile.
Pendant la guerre de 1914-1918, le Kaiser et ses services avaient eux-aussi compris et su utiliser le poids de la volonté de Dieu : Gott mit uns ! (Dieu avec nous) étaient les mots gravés sur le ceinturon de chaque militaire. Et à présent, que faire sinon relire en Rom.12 les conseils de St Paul « ut probetis quae sit voluntas Dei », « cherchez vous-même quelle est la volonté de Dieu » Et en Phi 1.10, la recommandation de « discerner ce qui est le meilleur ».

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